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Et si l’Oeil de Richat était l’Atlantide de Platon ?

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Perdue au cœur du désert mauritanien, l’Oeil de l’Afrique n’est pas une simple curiosité géologique. C’est un monstre circulaire de 45 kilomètres de diamètre qui défie l’imagination… et qui pourrait bien être la trace la plus spectaculaire de la cité légendaire décrite par Platon il y a plus de 2 300 ans.

A gauche la Structure de Richat, à droite une représentation de la capitale de l’Atlantide d’après les écrits de Platon.

Dans cet article, nous vous proposons de passer au peigne fin les éléments factuels dont nous disposons sur l’Atlantide telle que décrite par Platon, et de les comparer à la structure de Richat située en Mauritanie, visible depuis le ciel et l’espace.

Cet étonnant Oeil de l’Afrique serait-il les vestiges de la capitale Atlante ?

Une enquête signée Sibelius et Mavosa, attention c’est du lourd !

1. L’Atlantide selon Platon

L’histoire de l’Atlantide, l’une des énigmes les plus persistantes de l’Antiquité, trouve son origine exclusive dans deux dialogues de Platon : le Timée et le Critias. Rédigés vers 358-360 av. J.-C., ces textes constituent la seule source antique détaillée sur cette civilisation supposée disparue.

Platon (428 – 348 av. JC), philosophe majeur de la Grèce antique, connu pour ses dialogues.

Platon n’invente pas de toutes pièces ce récit ; il le présente comme une tradition orale transmise par Critias le Jeune, qui le tenait de son grand-père Critias l’Ancien, lequel l’avait reçu de Dropidès, ami de Solon. Solon lui-même (vers 590 av. J.-C.), législateur athénien, l’aurait recueilli directement d’un prêtre égyptien très âgé lors de son séjour au temple de Neith, à Saïs, dans le delta du Nil. Le prêtre, selon Platon, aurait déclaré : « Ô Solon, Solon, vous autres Grecs, vous êtes toujours des enfants ; il n’y a pas de vieillard parmi vous », soulignant la supériorité des archives millénaires égyptiennes sur les traditions grecques récentes.

Notons que les descriptions de l’Atlantide et de sa capitale résident dans une transmission orale d’au moins 5 protagonistes plus Platon lui-même, dont un Egyptien… ce qui laisse planer quelques incertitudes quant à sa précision.

L’événement remonterait à 9 000 ans avant Solon, soit environ 9 600 av. J.-C, soit il y a 11 600 ans environ. Dans le dialogue dénommé Timée (19a-27c), Platon esquisse l’histoire : une grande île-continent située au-delà des Colonnes d’Hercule (c’est-à-dire le détroit de Gibraltar), plus vaste que « la Libye et l’Asie réunies » (à l’époque ces régions étaient plus petites que maintenant), dominée par une confédération de rois puissants. Ces Atlantes, descendants du Dieu de la mer Poséidon et de la mortelle Cléito, auraient tenté de conquérir l’Europe et l’Afrique, avant d’être vaincus par les Athéniens. Un cataclysme – tremblements de terre et inondations en « un seul jour et une nuit néfastes » – aurait englouti l’Atlantide, rendant la mer impraticable en raison des bas-fonds vaseux laissés par sa submersion.

Le dialogue dénommé Critias (inachevé, s’arrêtant au milieu d’une phrase) fournit la description la plus précise de la capitale. Aucune autre source, plus contemporaine, ne décrit la capitale de l’Atlantide avec autant de précisions, mais rappelons-le, Platon a écrit d’après les dires des dires des dires d’anciens, ce qui laisse supposer quelques incertitudes.

La forme oblongue décrite par Platon est visible sur Google Earth, avec en son centre la Structure circulaire de Richat.

Au centre d’une vaste plaine oblongue (3 000 stades de long sur 2 000 stades de large, soit environ 555 km x 370 km selon l’étalon athénien de 185 m par stade), Poséidon aurait créé, autour de la montagne où vivait Cléito, trois anneaux d’eau alternés avec deux anneaux de terre (cinq cercles concentriques au total – eau, terre, eau, terre, eau). L’île centrale mesurait 5 stades de diamètre (environ 925 m). Des canaux navigables, des ponts et des tunnels reliaient ces enceintes à la mer via un grand canal de 50 stades de long. Les murs étaient construits en pierres de trois couleurs – noir, blanc et rouge – parfois mélangées pour l’ornement. Le mur extérieur était revêtu de cuivre, le suivant d’étain, et la citadelle intérieure brillait de l’orichalque, un métal légendaire à l’éclat rougeoyant, plus précieux que l’or sauf pour ce dernier. Deux sources (eau chaude et eau froide) jaillissaient au centre, alimentant fontaines, aqueducs, bains et ports intérieurs, ce qui fit pousser des plantes nourricières de toutes sortes. Le temple de Poséidon et Cléito, long d’un stade (185m), abritait une statue colossale du dieu et une colonne d’orichalque gravée des lois.

Représentation de la capitale atlante d’après les récits de Platon : anneaux concentriques et terres verdoyantes.

Les Atlantes, initialement vertueux, possédaient une société riche en éléphants, métaux et ressources, organisée en dix royaumes sous l’autorité d’Atlas. Leur déclin moral aurait provoqué leur chute (étrange qu’un déclin moral provoque un cataclysme, à moins qu’ils ne possédaient des armes puissantes qui ont été utilisées à tort).

Aucune illustration, carte ou croquis n’accompagne le texte de Platon : le récit est purement descriptif et philosophique, servant probablement d’allégorie sur l’idéal politique et les dangers de l’hubris (la démesure).

2. L’Oeil de Richat

Ou « Œil du Sahara »Située dans la région de l’Adrar, en Mauritanie, à environ 40 km au nord-ouest d’Ouadane, la Structure de Richat (ou Guelb er Richât, littéralement « Cœur des plumes » en hassaniya, ou tagense, référence au puits local) est une formation géologique circulaire spectaculaire de 40 à 50 km de diamètre. Visible uniquement dans son ensemble depuis l’espace, elle est souvent surnommée « Œil de l’Afrique » ou « Eye of the Sahara ».

Structure de Richat visible sur Google Earth.

Connue des populations locales depuis des siècles, elle a été aperçue par des aviateurs français dans les années 1930-1940, mais n’a été étudiée scientifiquement qu’à partir des années 1950 par des géologues français, dont Théodore Monod. La Mauritanie étant à l’époque sous domination coloniale française. Sa pleine révélation contemporaine date de 1965, lorsque les astronautes de la mission Gemini 4 (James McDivitt et Edward White) l’ont photographiée depuis l’orbite, la rendant célèbre comme point de repère spatial et la surnommant « L’Oeil de l’Afrique ».

Géologiquement, il s’agit d’après les scientifiques d’un dôme anticlinal érodé, formé par soulèvement magmatique et érosion différentielle sur des dizaines de millions d’années, érosion qui a pelé les couches comme un oignon géant, révélant ces anneaux spectaculaires.

L’érosion éolienne et hydrique aurait exposé les couches sédimentaires et ignées en anneaux concentriques : quartzites résistants (teintes rouges et roses), noir basalte, blanc calcaire et silice formant les crêtes, et roches plus tendres dans les vallées.
Après examen, aucune trace d’impact météoritique n’a été retenue.

Du point de vue archéologique, le site a livré uniquement des outils de pierre acheuléens et pré-acheuléens (bifaces, racloirs, meules, haches, marteaux), datés de 2 millions à environ 100 000 ans av. J.-C., associés à Homo erectus et Homo heidelbergensis.
Aucune trace de construction humaine, de canaux, de métaux travaillés, de ports ou de civilisation avancée n’a été mise au jour malgré des décennies d’études (mais n’oublions pas que la science nous dit aussi que les Pyramides d’Egypte ont été bâties avec des outils en cuivre et des muscles d’humains mal nourris !). Aucune légende locale mauritanienne ancienne ne lie explicitement la structure à une cité engloutie ; elle est perçue comme une curiosité naturelle.

Cependant, des théories alternatives et notamment celles popularisées depuis 2018 par Jimmy Corsetti sur sa chaîne YouTube Bright Insight (1,75 millions d’abonnés), y voient la capitale de l’Atlantide. Ci-dessous sa vidéo la plus populaire, 5 millions de vues :

3. Comparaison entre le descriptif et l’observation

Voici un tableau comparatif synthétique, fondé exclusivement sur les textes de Platon et les données géologiques / archéologiques vérifiées :

AspectPlaton (Timée / Critias, ~360 av. J.-C.)Structure de Richat (faits scientifiques, 1950-2026)Convergence / Divergence
Forme concentrique3 anneaux d’eau + 2 de terre (5 cercles), canaux artificielsAnneaux naturels (3 crêtes principales) par érosionConvergence visuelle
Taille de la cité centraleÎle centrale : 5 stades (~925 m)Diamètre total : 40-50 km ; centre ~20 kmDivergence (échelle), mais Platon avait-il les bonnes mesures ?
Couleurs des matériauxPierres noir, blanc, rouge ; orichalque rougeoyantRoches sédimentaires/ignées variées noires, blanchâtres, rouges.Convergence des couleurs, mais pas de métal retrouvé
Eau et sourcesDeux sources (chaude/froide), canaux navigables jusqu’à la merPas de sources thermales ; traces fossiles marines anciennes = il y a bien eu la mer à cet endroitConvergence partielle
Plaine et canalPlaine immense (555 × 370 km), forme oblongue + canal circulaire de 1 850 kmPlateau désertique, donc plat, forme oblongue ; pas de canalConvergence partielle
Datation / destruction9 600 av. J.-C. (submersion)Formation environ 100 Ma ; mais Sahara vert à cet endroit il y a environ 12 000-5 000 av. J.-C.Convergence entre la fin de l’Atlantide et la présence du Sahara vert de l’époque, avec présence d’éléphants et de faune abondante
Preuves archéologiquesCité avancée (temples, murs, ports), et peut-être même plus avancée que Platon ne le ditUniquement outils paléolithiques ; aucune ruine de civilisation déclaréeDivergence

4. Un pourcentage de similitudes nuancé

En s’en tenant aux faits vérifiables et aux textes originaux, les correspondances entre la description platonicienne et la Structure de Richat atteignent environ 60 % : principalement la forme concentrique en anneaux (visible depuis l’espace), les couleurs rocheuses variées (rouge, noir, blanc) et la coïncidence temporelle avec la période humide du Sahara (Green Sahara). Ces éléments, souvent mis en avant par les partisans de la théorie de Jimmy Corsetti sont indéniablement frappants sur le plan visuel.

Cependant, les détracteurs avancent des divergences fondamentales :

  • Absence d’artefacts d’une civilisation avancée : les outils retrouvés sont primitifs. Mais où sont les analyses LIDAR comme en forêt amazonienne ? Où sont les analyses muonographiques (rayons cosmiques), celles du Radar (SAR / GPR), les résultats thermographiques infrarouge, la photogrammétrie et les drones comme à Gizeh ? Pourquoi une telle structure si particulière n’est-elle pas étudiée sous toutes les coutures avec les moyens les plus modernes ?
  • Nature géologique du site (pas de métaux retrouvés) : si tout a été pulvérisé en un jour et une nuit, recouvert d’un déluge d’eau et de boue, les métaux ne sont certainement pas en surface.
  • Echelle du site qui ne correspond pas à la description de Platon : six interlocuteurs peuvent avoir modifié ou ajouté des mesures.

5. un dernier rebondissement : la carte romaine

On vous avait annoncé du lourd en début d’article. Le voilà.

Les archives romaines nous offrent un document exceptionnel daté du 1er siècle après JC. Un certain Pomponius Mela, le plus ancien géographe connu, a produit à cette époque un texte descriptif du monde nommé De Chorographia, une centaine de pages en latin, inspiré d’un héritage grec (Eratosthène, Hipparque, Posidonios).
En 1898, Konrad Miller (théologien catholique allemand, historien, géographe et cartographe) reconstitue cette carte à partir de l’oeuvre de Mela (« Orbis habitabilis ad mentem Pomponii Melae », Mappaemundi, Heft VI. « Rekonstruierte Karten », Tafel 7). Et cette carte, que vous pouvez consulter, télécharger et agrandir sur Wikipedia, est une pépite.

A gauche la carte produite par Konrad Miller au XIXème siècle à partir du texte en latin rédigé par Pomponius Mela en 43 après JC.

Quand on zoome sur la carte de Miller réalisée à partir des écrits de Mela, eux-mêmes inspirés des Grecs, on trouve :

  • Hispania = l’Espagne
  • Baleares major, minor = les îles Baléares
  • Columnae herculis = les colonnes d’Hercule, le détroit de Gibraltar
  • Mauri = Mauritanie
  • Et juste au-dessus… ATLANTAE ! L’Atlantide ??? Le roi Atlas ??? Les Atlantes ???
J’ai zoomé sur la carte et je vous conseille de faire de même depuis chez vous pour constater que là où se trouve l’Oeil de Richat, en Mauritanie, les Grecs et les Romains situaient « ATLANTAE » !

6. Conclusion

Nous avons donc en Afrique, là où se situait jadis un Sahara verdoyant foisonnant de vie, une structure circulaire concentrique de 50km de diamètre, qui correspond étrangement à une description faite par un philosophe grec il y a 2300 ans, et dont le nom « ATLANTAE » figure dans une représentation romaine du monde de l’époque de Jésus.

Officiellement, c’est un bouton de magma qui n’a jamais explosé puis s’est pelé comme un oignon, situé dans une zone pourtant non volcanique.

Officieusement… il est temps de vous faire votre propre opinion !


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