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Cerro el cono : la montagne conique sortie de nulle part

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Au sein de l’immense étendue verte de l’Amazonie péruvienne, où la canopée semble s’étirer à l’infini sur un plateau d’une platitude extraordinaire, surgit une silhouette qui défie l’imagination. Le Cerro El Cono, littéralement « la colline du cône », se dresse tel un monolithe géométrique parfait, isolé au milieu d’un océan de forêt tropicale. Cette montagne pyramidale, dont les pentes abruptes et symétriques évoquent irrésistiblement les grandes constructions antiques, constitue l’une des formations les plus singulières et les plus mystérieuses du continent sud-américain.

La logique voudrait qu’une multitudes d’explorateurs, de groupes scientifiques, d’historiens, de paléontologues, de géologues et autres mystiques s’y pressent pour l’étudier telle une nouvelle pyramide de Khéops… que nenni. Pourquoi un tel mépris alors que le mystère est si grand ? Tout simplement car, comme pour l’Antarctique : c’est INTERDIT.

Description

Située dans le parc national de la Sierra del Divisor au Pérou, dans le département d’Ucayali, à proximité de la frontière avec le Brésil et du fleuve Ucayali, elle incarne à la fois la puissance brute de la nature et les limites imposées à la curiosité humaine.

D’un point de vue strictement descriptif, le Cerro El Cono offre un spectacle saisissant. D’une proéminence d’environ 400 mètres au-dessus du plateau environnant – pour une altitude totale estimée entre 700 et 850 mètres selon les relevés topographiques –, il domine le paysage d’une manière spectaculaire.

Cerro El Cono
Cerro El Cono : sentinelle d’un plateau extrêmement plat.

Sa forme conique, presque parfaite, avec une base circulaire et des versants réguliers, le rend visible à plus de 400 kilomètres à la ronde par temps clair, y compris depuis les contreforts des Andes occidentales. Entièrement recouverte d’une épaisse forêt primaire, la montagne semble jaillir du sol comme une sentinelle solitaire, contrastant avec l’horizontalité monotone de la jungle environnante.

Cet isolement géographique, alliée à sa géométrie inhabituelle, a longtemps alimenté l’étonnement des observateurs, qu’ils soient scientifiques ou simples contemplateurs depuis le ciel ou les lointaines crêtes andines.

Sa découverte

La connaissance occidentale du Cerro El Cono remonte au moins aux explorations géologiques du XXe siècle. Des géologues travaillant pour la Standard Oil l’ont recensé dès 1929, l’identifiant alors comme les vestiges d’un volcan éteint. La région, pourtant connue des peuples autochtones depuis des millénaires, est restée largement inexplorée en raison de son extrême isolement et de sa densité végétale.

Ce n’est qu’en 2015 que le parc national de la Sierra del Divisor a été officiellement créé, couvrant plus de 8 462 kilomètres carrés – une superficie comparable à celle du parc de Yellowstone –, afin de préserver ce hotspot de biodiversité exceptionnel. Le Cerro El Cono y occupe une place emblématique, au sein d’une cordillère qui forme la ligne de partage des eaux entre les bassins amazoniens du Pérou et du Brésil.

L’a-t-on étudié ?

Aucune ascension n’a jamais été réalisée ; aucun relevé scientifique approfondi n’a pu être mené sur place ces dernières décennies.

Sur le plan géologique, les explications officielles convergent vers une origine naturelle. Selon les données du patrimoine mondial de l’UNESCO, qui a inscrit la zone dans sa liste indicative, la formation remonterait à environ cinq millions d’années et résulterait d’une activité volcanique ancienne. Il s’agirait vraisemblablement d’un cône de cendres éteint ou d’une structure rocheuse singulière sculptée par l’érosion tropicale intensive.

Cerro El Cono : d’où peut venir cette structure impressionnante ?

Bien entendu, les experts écartent toute hypothèse artificielle : ni pyramide précolombienne ni ouvrage monumental d’une civilisation oubliée ou disparue. Les spéculations médiatiques récentes, qui ont parfois évoqué une « pyramide perdue » aux proportions colossales, relèveraient davantage du « sensationnalisme » que de la science, vous vous en doutez. Aucune trace archéologique, aucun vestige humain n’y a été documenté, et le consensus des géologues reste ferme : il s’agit d’un phénomène naturel rare, rendu exceptionnel par son isolement au sein de la plaine amazonienne.

Les légendes qui l’entourent

Pour les communautés indigènes de la région, cependant, le Cerro El Cono n’est pas seulement une curiosité géologique. Il est un Apu, un esprit des montagnes selon les traditions andines partagées par les peuples du Pérou, de la Bolivie et de l’Équateur. Dans leur cosmogonie, ces montagnes sacrées émergent de la terre pour veiller sur les hommes et protéger l’équilibre du monde vivant.

Le Cerro El Cono est ainsi perçu comme un gardien vivant, une entité spirituelle bienveillante qui surveille la forêt et ses habitants, un site sacré. Des tribus non contactées, telles que les Iskonawa (ou Isconahua), vivent à proximité immédiate, dans des territoires préservés avec un soin extrême. Certaines traditions orales locales évoquent même, sans preuve tangible, l’idée que la montagne recouvrirait les ruines d’une ancienne structure construite par des ancêtres.

Qui pourrait avoir construit cette structure monumentale unique, dominant le plateau sur 400km à la ronde, il y a des milliers d’années ?

Ces récits enrichissent le voile de mystère qui entoure le site et soulignent son importance culturelle profonde.

Interdit d’y aller !

C’est précisément cette présence humaine fragile qui explique les interdictions les plus strictes entourant le Cerro El Cono. L’accès à la montagne est non seulement difficile en raison de son éloignement extrême, des fortes pluies et de la densité de la jungle, mais bel et bien prohibé par la loi (tiens donc). Le site se trouve au cœur d’une zone de protection stricte du parc national, intégrée à la réserve territoriale Isconahua créée en 1998 pour sauvegarder les peuples en isolement volontaire.

Mais aussi pour préserver l’intégrité écologique d’un écosystème abritant des espèces menacées comme le tatou géant (Priodontes maximus), le jaguar ou de multiples primates. Les autorités péruviennes, via le Service national des aires naturelles protégées (SERNANP), veillent scrupuleusement à ce que cette interdiction soit respectée, rappelant que la protection des vies indigènes et de la biodiversité prime sur toute quête scientifique ou touristique…

Ainsi, le Cerro El Cono demeure, par choix délibéré des autorités, une énigme préservée du grand public. Sa silhouette conique, visible de si loin et pourtant inaccessible, symbolise l’Amazonie : un lieu de merveilles naturelles et culturelles que l’Homme se doit de respecter plutôt que de conquérir… à moins qu’il ne s’agisse… d’un énième mensonge caché à l’humanité.


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